La réflexion sur les omégas et leurs effets sur la peau m'est venue à partir d'une phase annodine dite par Malégria sur sa crème très hydratante néroli-rose (deuxième paragraphe : "Beaucoup de corps gras différents afin de bien balancer les divers acides gras, les corps gras ont été retenus pour leur qualité de pénétration (tous, sauf l´avocat), leur affinité avec la peau (squalane, jojoba), leur pouvoir protecteur (avocat)".

Et là, je ne saurais dire pourquoi un déclic s'est produit dans ma tête. Je savais sais, par exemple, que l'huile d'avocat est indiquée pour les peaux sèches, les huiles d'onagre, bourrache, germes de blé pour les rides mais je ne savais pas pourquoi. Je me suis mise à regarder mon tableau "le calculteur de savon en français" et à analyser différentes huiles.

L'huile d'avocat contient : 58 % d'acide oléique, 12% d'acide linoléique et 0% d'acide linolénique.

L'huile d'onagre contient   8 % d'acide oléique, 71 % d'acide linoléique et 10 % d'acide linolénique. (source : les Huiles végétales de Chantal et Lionel Clergeaud Editions Amyris)

Puis devant ce constat, je suis allée fouiner sur mon ami Google les effets des différents acides gras sur la peau.

Petit rappel sur les acides gras essentiels :

Il faut tout d'abord faire un retour sur une grande famille de nutriments à laquelle appartiennent les Omégas 3 et les Omégas 6 : les lipides. Plus connus sous le nom de matières grasses, ils sont indispensables dans un régime alimentaire équilibré. Ils permettent notamment à notre organisme de fabriquer les cellules et participent au bon fonctionnement du système nerveux. Ils sont également une source d’énergie privilégiée. Cette grande famille des lipides est composée de trois groupes : les acides gras saturés, monoinsaturés et polyinsaturés. Cette distinction se fait selon leurs caractéristiques chimiques, à savoir en fonction du nombre de doubles liaisons (liens particuliers entre deux atomes).

Lorsqu’il n’y a aucune double liaison, on parle d’acides gras saturés. Lorsqu’il y en a une, ils sont monoinsaturés (oméga 9). Lorsqu’il y a plusieurs doubles liaisons, ce sont des acides gras polyinsaturés. Les Omégas 3 et Omégas 6 font partie de cette dernière catégorie.

Certains acides gras sont appelés "essentiels", car l'organisme ne peut les fabriquer lui-même. Il doit donc les puiser dans les aliments ou les suppléments. Ces acides gras polyinsaturés (Oméga 3 et Oméga 6) participent à une foule de processus importants comme la constitution et l'intégrité des membranes cellulaires, le fonctionnement du système cardiovasculaire, du cerveau et du système hormonal ainsi que la régulation des processus inflammatoires. Leur absorption déclenche à l'aide de plusieurs enzymes une cascade de réactions chimiques qui permettent au corps de fabriquer des substances primordiales pour son bon fonctionnement (source : ici).

Les Omégas 3 : le principal "chef de file" est l'acide linolénique.

Où les trouver ?

Dans la nourriture, les oméga 3 se trouvent principalement dans des huiles végétales et dans les poissons.

Huiles végétales sources d' oméga-3 :
- huile de colza
- huile de germe de blé

- huile de noix
- huile de lin
- huile de soja

- huile d'olive

Attention : pour les huiles végétales il est toujours préférable de s'alimenter avec une huile de première pression à froid.

Poissons riches en oméga-3 :

Poisson gras d'eau froide : saumon, thon, anchois

Vous pouvez également trouver en pharmacie des compléments ou suppléments alimentaires oméga 3 (sous forme de gélule d'huile de poisson, saumon,...) à base d'oméga-3 pour compléter l'absorption de ces précieux acides gras.

Par voie cutanée, dans les soins cosmétiques, l'apport d'acide gamma-linolénique améliore l'élasticité de la peau, lutte contre son déssèchement et contribue à la disparition d'imperfections d'origines diverses.

Les Omégas 6 : Le principal "chef de file" est l'acide linoléique

Ils interviennent dans l’équilibre du système nerveux, cardiovasculaire, de l'immunité, de la cicatrisation, et des réactions allergiques et inflammatoires mais agissent aussi pour la souplesse et le tonus de la peau.

Ils sont assez présents dans notre alimentation moderne, mais l’excès d’acides gras « saturés », la pollution, et d’autres facteurs, peuvent empêcher leur bonne utilisation, notamment leur transformation en « acide gamma linolénique » (GLA), que l’on trouve alors dans l’huile de bourrache et d’onagre. Cet acide gamma linolénique est particulièrement utile dans la prévention du vieillissement cutané et l’hydratation de la peau.

On les trouve surtout dans l’huile de pépins de raisin, tournesol, onagre, noix, germes de blé, soja, sésame, colza, noisette, olive.

(source ici)

Les omégas 9 : Le principal "chef de file" est l'acide oléique vient du latin oleum et veut dire huile.

Les omégas 9 sont des acides gras non essentiels. L'acide oléique est le plus abondant des acides gras monoinsaturés. Sa forme saturée en est l'acide stéarique. Il est largement utilisé comme hydratant dans les formules cosmétiques des crèmes, produits pour le bain, shampooings, rouges à lèvres...

Les Omégas 9 contribuent à la jeunesse et l'élasticité, la nutrition  et l'hydration de la peau.

Les huiles végétales les plus riches en oméga 9 sont : huile de camélia (79,64 %), huile de buruti (76,63 %), huile de noisettes (75%), huile de moringa et olive (72%), huile d'amande douce (71 %), huile d'amandons de pruneaux (70%), huile de noyau d'abricot (66 %).....Les moins riches : carthame et rose musquée (15 %)...

Après cette ébauche d'article (j'ai trouvé du boulot et n'ai pas le temps d'approfondir), j'ai pris conscience que malgré le bon choix des huiles que je faisais pour ma peau sèche, les formules n'étaient pas équilibrées. J'ai donc passé en revue une bonne partie des crèmes que j'avais faites ainsi que certaines des formules de Michèle, quelques unes de Vénézia jusqu'à ce que je comprenne l'importance des omégas 9 sur la nutrition de la peau et que je n'en mettais pas assez dans mes formules d'où l'impression de peau qui tiraille.

Par exemple; le beurre de chanvre corporel contient :

Sur phase grasse (y compris les Co2) :

  • oméga 9 : 35,10 %

  • oméga 6 : 19,55 %

  • oméga 3 : 5,92 %

Sur la totalité :

  • oméga 9 : 12,29 %

  • oméga 6 : 6,84 %

  • oméga 3 : 2,07 %

Sur une crème anti-rides peau sèche que j'ai réalisé il y a un an, les résultats sont les suivants :

Sur phase grasse (y compris les Co2) :

  • oméga 9 : 15,70 %

  • oméga 6 : 36,25 %

  • oméga 3 : 13,50 %

Sur la totalité :

  • oméga 9 : 3,14 %

  • oméga 6 : 7,25 %

  • oméga 3 : 2,70 %

Cette crème, quoique riche en oméga 6, ciblée anti-rides (germes de blé, bourrache, rose musquée principalement) ne nourrissait pas suffisamment ma peau. J'avais l'impression d'avoir la peau qui "tire".

Au vu de ces analyses, je m'aperçois que cette crème n'est pas suffisamment riche en oméga 3 9 contrairement au beurre de chanvre corporel qui a nourrit ma peau intensément et plus de peau qui tiraille.

Edit du 06/05 : je me suis trompée hier soir (il était tard), il s'agit bien sûr des omégas 9.

J'ai presque fini ma crème de jour et je mets bientôt en pratique mes analyses pour savoir si j'ai raison ou tort.

Pour ces calculs, je vous mets en ligne le fichier excel qui me sert :

ANALYSE_CREME_OMEGAS

Je rente mes pourcentages de gras (beurres et/ou huiles) et je regarde les résultats, phase grasse uniquement puis ensuite le complément à 100%. J'affine ensuite en modifiant soit les pourcentages de gras soit en changeant les huiles jusqu'à ce que je sois satisfaite des pourcentages (enfin maintenant) puis passage à l'étape de la réalisation et tests grandeur nature.

Vous pourrez vous aider de ce fichier et noter vos résultats, tirer vos conclusions par rapport à votre peau (une peau de 20 ans n'a pas les mêmes besoin qu'à 30 ans, 40 ans, 50 ans...) et rectifier par la suite.